Mes fantasmagories

Samedi 1 janvier 2005

Mais comment avait-on pu en arriver là. Paul devant son pupitre ne savait plus. Il songeait que ce matin même, il était parti enragé et fort décidé de la maison, direction l'école pour un rendez-vous qui s'annonçait plus qu'orageux avec la maîtresse d'école de son plus jeune fils. Voilà plus d'un mois que le gamin rentrait tous les soirs avec des punitions et après moult explication, Paul en était arrivé à croire que son môme se trouvait être devenu le mouton noir de sa classe.

10 minutes d'attente dans le couloir coloré et propre mais plus adapté à des enfants qu'à 1 grand gaillard de 35 ans. Enfin, elle l'invite à entrer dans la classe et c'est avec stupéfaction qu'il la découvre. Elle est jeune, elle est belle et ne ressemble en rien au monstre qu'il s'était fait figure de rencontrer. Bien entendu, la tenue est stricte mais sans cette rigidité monacale à laquelle, il s'attendait sans se l'avouer.

Déstabilisé, il reste koi face à la jeune femme. Déstabilisé, il la déshabille littéralement du regard. Il admire ses pieds menus dans des escarpins prune, ses jambes voilées de bas ou de collants, son tailleur jupe d'une nuance de prune glacé s'ouvrant sur un chemisier blanc, son cou fin et dégagé, sa nuque fine et son visage si joliment sciselé. Arrivé aux yeux de son interlocutrice, Paul ne put que rougir sous le glacial du regard reçu. Rien ne saurait le justifier de pareille incorrection songea t-il en tâchant de retrouver contenance.

"Vous souhaitiez me parler !", trancha t'elle d'une voix douce.

Il aurait du y trouver ombrage, éprouver de la répulsion mais tout au contraire il sent que son corps réagit contre lui. Sa virilité se dresse tel le serpent obéissant à son charmeur.

"Je euh... Oui c'est à dire que euh... Enfin voyez-vous euh... Je suis le père de Louis"

Tandis qu'il bafouillait de confusion, il la voyait autrement : les yeux noyés de désir pour lui, la tête penchée, la nuque offerte, le chemisier ouvert, la jupe relevée.

"Je suis au courant Monsieur DENRICK mais quel est le sujet de votre visite ?"

Elle lui tendrait ses lèvres doucement ourlées et lui les cueillerait avec la délicatesse d'une abeille butinant les boutons d'or. Puis il s'en irait papillonner de la douceur de ses lobes d'oreilles à la délicieuse courbure d'une épaule. Sa main irait sans doute se perdre sur ses reins dont la chute vertigineuse ne faisait qu'amplifier la rondeur de ses larges fesses modelées. Il les malaxerait doucement pour les sentir gonfler contre son membre tendu.


"Eh bien c'est pour les punitions madame ", Lança t'il tout à trac.

"Mademoiselle, s'il vous plait !"

Encore une fois, elle l'a remis à sa place en un seul reproche. Rougissant, esseulé, mal à l'aise, Paul regrette amèrement de ne pas retrouver le contrôle de lui-même. Secouant la tête, il parvient néanmoins à s'enlever de l'esprit l'image de l'institutrice à demi-nue, offerte, pour revenir à celle de son fils éploré devant l'ampleur de ses devoirs.

"Mademoiselle donc euh... Mon fils Louis accumule ces derniers temps les punitions et je pensais que euh que... "

Hummm sa poitrine gonflée sous la caresse et ses cuisses qui s'ouvriraient sans doute devant le désir puissant de sa virilité. Une odeur de sel et d'océan qui lui envahirait les narines et aviverait sa faim pour le voluptueux coquillage bien caché sous les jupes trop sages.

"Que c'était injuste peut être ?"

La coupure lui fit l'effet d'une gifle et il se vit alors tel qu'il était. Un papa poule venu impulsivement défendre sa progéniture contre sa maîtresse d'école, bien trop désirable au demeurant.

"Je me sens ridicule "

Dans son esprit, il lui disait des douceurs, l'embrasait de désir, jouait avec sa féminité jusqu'à l'épuisement des sens. Il la voyait s'offrir et se perdre dans une extase sans fin. Il entendait ses cris, ses halètements de plaisir.

"C'est heureux que vous vous en rendiez compte de vous-même Monsieur DENRICK. Je n'ai pas l'habitude de me laisser dicter ma conduite par quelques parents trop à l'écoute des demi-vérités de leurs enfants. Votre fils est une véritable peste en classe et ceci étant, je ne saurai trop vous conseiller d'éviter de le soutenir envers et contre tous."

Il l'aimerait si fort, il l'aimerait si bien. Ses doigts trouveraient la faille dans son armure de glace et il la transformerait en un volcan d'invertu, en un fleuve d'immoralité, en une fontaine de jouissance.


"Vous m'écoutez Monsieur ?"

"Je suis navré, j'ignore ce qui m'a pris, j'ai l'impression d'être un mauvais élève moi-même", reprit-il ébété.

"C'est un fait et si j'en avais le temps, je punirais bien votre inconduite au même titre que celle de votre fils".

"Mon inconduite ?"

"Oui, Monsieur, votre inconduite !"

"Si cela doit être alors que je sois puni mademoiselle".

Pourquoi avait-il répondu ?
Mortifié par son impertinence, il n'osa plus lever les yeux sur elle. Il la sentait devant lui. Etait-elle troublée, furieuse, choquée ? Les secondes semblèrent durer des minutes, puis des heures jusqu'à ce que sa voix le ramène à la réalité :

"Si c'est ainsi que vous le prenez, Monsieur, allez prendre votre place derrière le pupitre devant mon bureau !"

Bêtement, le voilà qui s'assoit avec maladresse derrière le pupitre trop petit et comme un élève en retenu, il attend que la punition arrive. Il voit son institutrice griffonner nerveusement dans un cahier et il se demande encore ce qui lui a pris de se mettre dans une telle situation.

"Voilà !"

Elle lui tend le cahier d'écolier. Sur la blancheur impudique de la page, l'écriture part en voluptueuses courbes et le fait rêver de toutes celles qui lui sont refusées.

"Commencez donc par me copier cette phrase à tous les temps de l'indicatif !"

( L'indicatif aïe ! )

Elle est repartie corriger ses devoirs, faignant d'ignorer totalement le cancre qu'il est. Il voit par dessous le bureau ouvert les longues jambes se croiser, se décroiser, se froisser au rythme de ses changements de positions. Il reprend son voyage imaginaire vers le plaisir.

Ses mains parcourent la soie des bas de la cheville vers la lisière plus intime. Il sent sous ses doigts les frémissements de sa peau et la réaction irrépressible de son duvet qui se dresse. Elle est si douce au creux des genoux et si fine à la jointure des pieds. Il l'embrasse comme le plus pur cristal, avec cette passion infinie que l'on ne peut avoir que pour les objets d'art. Les mains en coupe, il s'abreuve à la source de son musc. Il se nourrit de sa peau. Il s'enivre de son parfum. Il se noie de sa douceur.

"Vous avez terminé !"

Penaud, il baisse la tête. En fait, rien, il n'a encore rien fait mais elle ne semble pas encore décidée à venir vérifier. Lui-même ne se lèverait pour rien au monde préférant cacher son érection manifeste derrière la fragile barrière du pupitre. Il se penche sur sa copie et commence sa conjugaison.

- Présent de l'indicatif, assez simple
- Futur de l'indicatif, quelques doutes
- Passé composé, son esprit repart
- Imparfait... mais elle est si parfaite

Il a relevé ses mains si haut que la jupe s'est retroussée et dévoile jusqu'aux moindres replis de la belle maîtresse. Et c'est ainsi qu'il la veut, maîtresse. Son souffle s'est tari doucement et elle suffoque alors qu'il explore la peau virginale du haut de ses cuisses. Il l'étend à plat dos sur le bureau et poursuit sa découverte du corps.
Les fesses écrasées sous le corps tentent de leur rondeur de fruit mur les mains en recherche de sensations. C'est avec délice qu'il les glisse sous elle pour flatter la croupe et la chute des reins. Il progresse mais n'ose pas encore effeuiller la fleur en son cocon. Il se contente juste d'y poser un baiser avant de repartir prendre toute la mesure de ce corps qui danse juste pour lui.


"Alors ???"

Il ne l'a pas vu se lever et se pencher sur lui. Son parfum l'enveloppe et son membre déjà trop sollicité bat le rythme douloureux du sang dans des veines gonflées.

"Vous fichez-vous du monde, Monsieur ? Voilà 1/2 heure que vous traînez sur cet exercice fort simple !"

"Je suis désolée Madame !"

"Mademoiselle !"


Elle a rugi de colère et lui ne voit que ses doigts qui pianotent avec grâce et colère sur le pupitre.

Hummm ses doigts qui se crisperaient sur lui tandis qu'il lui ferait monter les marches de la volupté. Ses doigts fins et graciles qui se tendraient pour l'attirer vers elle, sur elle, en elle. Des doigts fait pour l'amour. Des doigts fait pour le caresser, le tendre, l'apprivoiser et l'amener au paroxysme des désirs. Ses doigts sur sa virilité délivrée de son carcan de tissus, libre et haute. Ses doigts venant le titiller, l'agacer, le prendre. Ses doigts qui sauraient si bien lui donner le plaisir de la caresse intime et sucrée.

Elle est partie chercher un objet dans son tiroir. Et il la regarde sans comprendre revenir avec une badine de l'ancienne école. Cette badine qu'il avait presque oubliée mais que sa mère abattait avec une régularité infernale sur ses fesses à la moindre incartade.

"Levez vous et veuillez vous pencher en avant Monsieur DENRICK.
Vous compterez pour moi. Haut et fort, je vous prie."


Paul se leve comme dans un rêve, il n'a même plus conscience d'exhiber une bosse suspecte. Il va recevoir une correction de la plus désirable des femmes et il l'accepte avec plaisir. Qu'a t'elle fait de lui ?

"Votre pantalon !"

Mon dieu, il y a une tâche ? Terrorisé, il s'inspecte mais non il ne voit rien. Sans comprendre, il se retourne vers elle mais la froideur du regard le dissuada de se plaindre ou de rechigner quand il comprend enfin sa demande. Lentement, il défait sa ceinture et laisse son pantalon s'affaler en tas sur ses chevilles. Puis il prend la position qu'il avait presque oublié lui qui l'avait si bien connu.

Slatch ! Le premier coup s'abat. Sous la douleur, il oublit qu'il doit compter et c'est seulement au 3ième qu'il commençe. Il se rappelle parfaitement la règle : Tout coup non compté n'est pas valide.

"Un ! Deux ! Trrrois ! Qu quatrre ! Ciiiiinnnqqq ! Si Si Sixxx ! Seepptttt ! huuuiiiiit ! Neuf ! Diiiiiixxxx !"

La brûlure est terrible et c'est en serrant des dents qu'il arrive enfin jusqu'au dixième. Il se réajuste et se rassoit doucement. Mais l'impression est terrible d'avoir posé les fesses sur des tisons. En face de lui, la badine à la main, l'institutrice reprend son souffle. L'exercice ne l'a pas laissée indifférente et sous la froideur hivernale de sa mise, la perversion pointe avec l'éclat d'une étoile dans un ciel d'été. Paul dévore de tous ses sens les signes de l'excitation que sous l'effort, elle ne peut plus contrôler. Elle le désire. Il ne sent plus la douleur.

"Finissez l'exercice !"

Le message est clair mais la belle institutrice parait désormais accessible. Pour Paul, la situation prend un jour nouveau et un éclat de malice s'allume soudain dans son regard. Il se penche sur son devoir mais toute son attention reste braqué sur le corps en émoi qui tente tant bien que mal de retrouver une contenance.

Match 1 - round 2 : Paul est prêt.

Les fesses cuisantes mais l'oeil affûté, il s'oublie sans honte dans la contemplation de la demoiselle. L'arrogance retrouvée, cette dernière l'ignore manifestement. Il faut pourtant qu'on en finisse. Paul n'en peut plus de l'imaginer en son pouvoir.

Il la courberait sur ce bureau, les fesses largement offertes et la laisserait ainsi pantelante durant plusieurs longues minutes. La badine en main, il se voit déjà lui flatter l'échine pour venir l'abattre gentiment sur les 2 globes fermes et laiteux et lâchant cette dernière, couvrir la marque rouge d'une main caressante pour apaiser la douleur et apprivoiser sa furie. D'une langue douce et humide, il en suivrait la courbe et partirait s'enivrer à la source de ses désirs. D'une voix tremblante, elle lui demanderait la jouissance mais ce ne serait pas encore le moment. Lentement, au ralenti, il goûterait le grain de sa peau, se fondant dans l'humidité torride de son intimité.

"Avez-vous terminé ?" Lui demanda t'elle soudain.

"Oui mademoiselle !"

"Alors montrez-moi !"

Il sourit alors songeant à toutes les réponses qu'une telle demande aurait pu recevoir. Joueur, il les écarte et se levant du banc, va comme l'élève qu'il se doit d'être, présenter sa copie à son institutrice.

La première page passe sans problème mais cela fait longtemps qu'il n'a pas revu ses conjugaisons. L'esprit un peu distrait, il a négligé de relire et le stylo rouge se met soudain à biffer avec rage la copie nette et propre. Elle ne lui fera aucun cadeau. Le visage fermé, elle lui tend le cahier.

"Pensez-vous avoir rendu un devoir correct Monsieur DENRICK ? Vous semblez quelque peu contrarié par ma correction !"

( La Garce !)

"Euh c'est à dire qu'il y a longtemps... "

"Quel exemple pour votre fils si vous n'êtes même pas capable de conjuguer de manière satisfaisante !" le coupe t'elle.

Elle le cherche. Il sait qu'elle veut qu'il craque. A la moindre incartade, il sera de nouveau en son pouvoir.

"Que savez-vous de l'histoire de France, de la géographie, de la biologie et des mathématiques, Monsieur DENRICK ?"

"Ce qu'il faut en savoir, mademoiselle !" répond Paul avec morgue.

Au sourire tranchant qu'elle lui adresse, il sait qu'il est tombé dans le piège.

"Voyons cela"

Elle commençe alors à le bombarder de questions. La moindre hésitation est sauvagement moquée. La moindre erreur est corrigée avec dureté et sarcasme. Il supporte tant bien que mal la première partie de la joute orale mais quand à l'heure du calcul mental, il n'en peut plus.

"Combien font 10+15+20+25 le tout divisé par 2"

"30"

"C'est vraiment ridicule un homme de votre age incapable de calculer correctement ! 40, Monsieur DENRICK, 40"

"Vous n'êtes qu'une mégère d'abord !"
souffle t'il alors entre ses dents.

"Pardon !"

La réponse est sortie sans même qu'il eut songé à la retenir. La badine est sur le bureau à porté de main de son bourreau et il n'a même pas besoin de la voir l'empoigner pour savoir l'avoir mériter.

"Je n'ai pas à vous expliquer la procédure Monsieur l'insolent ?"

"Non ! Ma-de-moi-selle !"


Courbé contre le bureau, les fesses relevés, il se sent fâché contre lui-même. Pourquoi a t-il cédé ? Sa hampe est dressée et douloureuse. Prendrait-il plaisir à la situation ? Il est à la fois si  désireux d'elle et tellement furieux contre elle.

Trois coups s'abattent de nouveau sans qu'il ne songe à compter. Enfin, il se met à hurler à voix haute son indignité. Mais la rage se mêle à un désir puissamment exacerbé, il ne songe plus guère qu'à la dominer. Elle leve de nouveau le bras mais alors qu'elle s'apprête à l'abattre, il se retourne et maintient le poignet vengeur.

La peur et un autre sentiment se disputent le bleu de ses prunelles. Lentement il lui fait lâcher le fouet et l'attire à lui. Il a été docile mais il la veut désormais soumise. De sa main libre posée sur sa nuque, il la contraint à lever le visage vers le sien. Sa bouche prend alors possession des lèvres de la belle. Il sent un reste de rébellion dans la crispation des épaules. Tel un cheval sauvage, il la maîtrise pour lui faire accepter son emprise. Le baiser est profond et balaie les défenses érigées. Le corps de femme céde, l'esprit ne peut guère lutter. Elle se fait plus douce, plus féminine, plus fragile aussi.

Les yeux noyés de désir, la tête penchée, la nuque offerte, le chemisier entrouvert, la jupe relevée. Elle est telle qu'il l'a voulu. Avec en épice, ce parfum d'indomptabilité qui lui va si bien. Il joue un moment frôlant ses lèvres puis se retirant. S'approchant doucement pour fuir encore. Elle lui tend ses lèvres ourlées de sensualité en le mitraillant du regard. Alors il la butine tendrement, explorant le moindre recoin de ce visage tiraillé entre colère et plaisir. Les lobes d'oreilles, la délicieuse courbure de son épaule, le sel de ses yeux, il est comme un enfant se gavant de sucreries trop longtemps désirées.

Ses mains perdent enfin de leur rigidité et quittant nuque et hanche, partent se perdre sur la chute de ses reins à l'orée des rondeurs modelées de ses fesses cambrées. Il les malaxe doucement pour les sentir gonfler contre son membre tendu à l'extrême. L'érection contenue lui fait mal mais le bonheur de l'instant est incomparable.

Errant à travers son ventre plat, sa paume trouve la poitrine gonflée. Il a le désir de la sentir se dresser sous les frissons du plaisir. Un excès voit le vêtement céder et dans un craquement de tissus les seins se libérer de leur carcan. Elle proteste faiblement mais déjà ses cuisses s'ouvrent au contact de la virilité pressante. Une odeur de sel et d'océan parvient à Paul. Il se sent une faim terrible pour le voluptueux coquillage qui se cache encore à lui.

Il la couvre de baiser, lui dit toutes ces choses d'amour, l'embrase de désir. Caressant sans cesse le corps alangui, relevant la jupe pour dévoiler son intimité, il la savoure de toute son âme. Elle est trempée, chaude, tropicale. De ses doigts éduqués, il joue sur ses lèvres et plus profondément encore jusqu'à atteindre la pointe de chair si sensible et si fine. Le repli de l'orgasme, le bouton de plaisir, son clitoris qui glisse sous son jeu délicat. Il le pince, le griffe, l'agace et la mène jusqu'à l'épuisement des sens. Il la voit s'offrir et se perdre dans une extase sans fin. Il entend ses cris, ses halètements de plaisir, puis la crispation totale, l'arrêt du souffle, le spasme douloureux qui libère enfin hormones et sensations.

Il a trouvé la faille dans son armure de glace et il la regarde se cabrer et se répandre tel un flot de lave en fusion. L'institutrice sage n'est plus qu'une femme sans vertu, sans morale déversant un trop plein de jouissance.

Il laisse la tempête quitter tranquillement son corps puis se met à la cajoler. Les mains de Paul parcoure la soie des bas de la cheville vers la lisière plus intime sans l'atteindre. La chair de poule fait vibrer la peau sensible sous ses doigts qui remontent le long des jambes. Il l'embrasse avec une passion infinie et la patience de celui qui sait que ce sera meilleur. Les mains en coupe, il recueille le nectar de son corps et s'y abreuve. Saoul, il est saoul d'elle et ne peut que se tenir à elle dans la brume qui les etouffe.

Il a relevé ses mains si haut que la jupe s'est retroussée et dévoile jusqu'aux moindres de ses replis. Son souffle redevenu plus souple, s'accélère dès que du bout des lèvres il entreprend d'explorer la peau virginale du haut des cuisses. Il l'étend à plat dos sur le bureau et poursuit son voyage.
Elle n'a plus rien de dédaigneux ni de fière allongée sur son bureau dévasté. Elle est offerte, ouverte, prête à le recevoir. C'est avec délice qu'il glisse ses mains sous elle pour flatter la croupe et la chute des reins encore tremblante. Il progresse lentement vars l'antre parfumé. Il y pose un baiser puis se recule pour admirer son oeuvre.

Elle est docile et frustrée. Ses doigts se crispent sur les bras de Paul l'engageant à poursuivre. Ses doigts fins et graciles qui se tendent pour l'attirer vers elle. Il la laisse le caresser, le tendre, l'apprivoiser et l'amener au paroxysme des désirs. Sa virilité libre et haute accepte avec joie et douleur ces nouvelles attentions. Elle le titille, l'agace, le serre et l'emmène à chaque coup de poignet trop près de la délivrance.

Alors il la retourne brutalement, ignorant son envie de lui offrir le plaisir d'une fellation. Paul sait qu'il ne pourrait se retenir. Il la courbe sur ce bureau, les fesses s'offrent largement à lui et il ne peut s'empêcher de les lécher goulûment. Il se recule de nouveau, tentant de graver à jamais l'image d'un érotisme troublant. Pantelante, elle le regarde avec défit. La badine est à terre, il s'en empare et la fait négligemment glisser le long du pli fessier. Elle tremble. La badine glisse le long de son anus et un râle profond se fait entendre.

Lâchant cette dernière, Paul à bout de désir colle son corps contre le brasier. Son membre pénètre sans difficulté le fourreau et la chaleur de l'endroit achève de lui faire perdre tout contrôle. En longues poussées, il prend le chemin de l'extase. Caressant d'une main un sein découvert et de l'autre la fleur éclose, son va et vient s'accompagne des doux feulements de l'institutrice déchaînée.

Dans un dernier assaut, les étoiles explosent dans la tête de Paul qui laisse son sperme s'échapper en longs jets salvateurs tandis que la belle achève sa course à la volupté et dans un dernier cri animal meurt un petit peu.

Ils sont homme et femme, ils sont amant et amante, ils sont désir et luxure, la leçon est apprise et retenue.

Cinequanone

Par Cinéquanone
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 2 janvier 2006

Encore une journée harassante, je suis éreintée mais aussi très excitée. Cela ne se voit pas derrière mon air sage et mes tailleurs stricts mais c'est un coeur bien sulfureux qui bat en moi. Tout est de sa faute ! Oui cet homme, cet inconnu, cet amant virtuel, qui me rend folle autant par son silence que par le moindre mot qu'il me lance au hasard de ses désirs. Il m'a dit dès le départ qu'il travaillait énormément et qu'il me faudrait apprendre la frustration jusqu'à en faire un plaisir. Et du plaisir, j'en ai à chaque fois que l'ouverture fiévreuse de ma boite m'indique qu'il y a un nouveau message de lui.

Le dernier remonte maintenant à plus d'une semaine, m'aurait-il oublié ? Non, mais il m'a dit qu'il me faudrait être patiente pour que les évènements prennent une tournure différente.

Tout a véritablement commencé au mois de mai 2002, j'étais alors en couple avec Jean Luc. On s'était connu jeunes et comme de bien entendu, nous avions dès que possible officialisé notre union par une cohabitation de tous les instants. Nous étions bien ensemble, équilibrés, tranquilles, jeunes et insouciants. Notre sexualité ne connaissait ni extra, ni manque. Une bonne relation saine et forte jusque là. Puis, Jean Luc a pris un emploi aux horaires décalés et il m'est devenu assez courant de me retrouver seule en début de soirée. Je ne me cherche pas d'excuses, mais c'est un fait, nos relations se sont espacés et nos envies n'ont soudain plus relevé plus que de la monotone habitude de l'extase hebdomadaire.

A défaut de mieux, je me suis mise à surfer de droite et de gauche, trouvant souvent à qui parler pour un soir, pour une heure. Parfois certains revenaient un soir de plus ou insistaient une semaine mais généralement lassés par mes refus de les rencontrer, ils m'abandonnaient pour d'autres sirènes du net.
Changeant souvent de lieux, je me retrouvai au hasard des liens sur un tchat un peu particulier. Le thème en était l'érotisme. Tout d'abord intriguée, j'ai rapidement retrouvé mes appétits d'adolescentes et mon amour de la littérature érotique. De fil en aiguille, je me suis mise à hanter régulièrement l'endroit prenant goût à la profonde sensualité qui s'en dégageait, au souffre aussi. Il m'en fallait plus et encouragée par l'ambiance, j'en vins à participer aux échanges.

Je m'y suis exposée doucement puis plus crûment. Ma thérapie du vide passait par la mise à nu de mes désirs refoulés, de mes envies, de mes vices aussi. J'avais le besoin intense de redonner une âme à ma sexualité bafouée. Après quelques mois de traitement, j'ai mis un terme à tout rapport avec Jean Luc et nous avons fini par rompre définitivement. Je pus alors consacrer tout mon temps libre à ce nouvel espace de vie.

Au bout d'un moment, je fus totalement intégrée. Je rencontrais au gré de mes envies les uns et les autres. J'offris même à quelques-un la joie de me rencontrer réellement mais rien n'égalait la richesse de mes échanges virtuels. Un jour, ma route croisa celle d'un homme différent des autres à de nombreux points de vue. Différent, intouchable, au coeur du système et curieusement si loin des autres, il avait toute la richesse d'un maître et s'il n'était pas venu m'aborder, je n'aurais jamais eu le courage de l'entretenir. Il me fit part de sa vision de l'amour, de sa passion du tantrisme, de ses faiblesses aussi pour la domination. 'J'aime les femmes, m'écrivit-il, mais je vénère celles qui savent abandonner leur être profond'. Ce soir là, je n'ai pas hésité, je lui ai confié ma vie.

Sans heurt, sans mal, il s'est glissé dans ma vie, je lui ai tout décrit, tout dévoilé. Timide au début, il a su jouer de son charisme et je n'eus bientôt plus aucun mal à me découvrir. Enfin, vint le jeu :

Un soir, je reçus un paquet de sa part. Dedans se trouvait une webcam (je n'en avais pas) et un mot écrit de sa main.

'Ce soir, chérie, il faut savoir dévoiler ce corps que tu caches derrière l'écran. Tu ne me verras pas moi, c'est ma volonté mais je dois savoir qui tu es jusqu'au plus infime. Montre-moi que tu es digne de l'intérêt que depuis quelque temps je te porte.

Signé le Master'

Moi, faire un striptease ! Je ne connaissais rien de la danse, ni de l'art de se déshabiller. Mais le défit lancé relevait une grande importance pour moi, je devais le réaliser. Pénétrée par l'idée de faire au mieu, je pris ma journée afin de faire les recherches nécessaires. J'appris durant la matinée, les gestes, les attitudes, la sensualité des danses. Mais, pour la partie pratique, je savais qu'il me faudrait de l'aide. Je téléphonai donc à une amie ayant une pratique assidue du flamenco, des danses tziganes et du tango. Maria jurait que ses ancêtres étaient de purs gitans et que leur sang coulait dans ses veines.

Ma demande ne la choqua pas outre mesure, nous étions plus qu'amie et avions déjà l'une pour l'autre un attachement sincère et envoûtant. Elle m'accueillit en tenu et me montra ce qu'elle m'avait choisi dans ses frusques. La robe aux milles couleurs de miel m'allait parfaitement. Très professionnelle, elle me fit d'abord entendre quelques airs. Puis me proposa un premier aperçu de ce qu'un homme est en droit d'attendre d'une femme. J'étais bien loin de m'imaginer tout ce qu'elle entendait par là.

En matière d'érotisme et de sensualité, le corps ondulant et offert de Maria est une véritable essence de jouissance. Ses mains savent dessiner les arabesques et les volutes magiques, son bassin mime l'amour à la perfection, ses jambes frémissent en rythme et son visage appelle au plaisir.

La démonstration s'acheva sur un merveilleux abandon d'elle-même et je me sentai alors à peu près aussi sensuelle qu'un sanglier. Elle me proposa de me lancer et c'est avec gaucherie mais courage que je tentai vainement d'imiter sa performance. Je sentai bien que cela n'allait pas et à voir sa moue, elle en était convaincue aussi.

Elle se leva, et tout en me faisant signe de continuer, elle s'approcha de moi. Son corps se glissa contre le mien. Son bassin collé à mes reins m'assigna un nouvel élan. Ses mains prirent les miennes pour leur apprendre la peinture dans l'espace. Ses lèvres m'intimèrent l'ordre de fermer les yeux et de me laisser faire. Doucement, je lâchai prise et me laissai guidée, secondée, entraînée par la douce andalouse. Le son enfin me parvint  et ma peau apprit la mélodie. Je me laissai consumée par cette délicieuse union. Le plaisir naquit en mes seins, dressés, n'attendant qu'une caresse. Aliénée, je laissai la volupté m'envahir et les mains de Maria danser sur moi. Je n'en éprouvai ni honte, ni pudeur juste la sensation de m'offrir à un péché merveilleux.

Je me retrouvai nue mais emportée par l'extase,  je ne fis aucun cas du comment ou du pourquoi. Ecroulée dans le dernier crescendo des violons, je m'abandonnai à la licence de l'instant. Mes mains trouvèrent le corps de Maria, ma bouche ses lèvres gonflées. Nous étions folles l'une de l'autre et avides de nous emplir du goût de nos sueurs mêlées. Je la goûtai, je la découvrai. Elle se dégagea pour aller taquiner mon corps mis à nu. Etendue parmi les voiles et les jupes, je me pliai volontiers à ses caprices. Délicatement, elle m'ouvrit de ses doigts puis sa bouche pris possession de moi. Butinant, s'abreuvant de mon miel, ses attentions firent monter en moi des flots de jouissance refoulés. Comme pour la danse, le rythme s'emballa, je savai que bientôt j'exploserai. Sans un mot, je lui fis comprendre mon désir de lui en offrir autant. Changeant de position, Maria se mit à califourchon sur moi m'offrant la vue de son intimité poisseuse de désir surmontée de fesses rondes et fermes. J'attrapai les 2 globes tendus et d'une langue curieuse, partai découvrir le doux coquillage. Elle gémit légèrement m'atteignant de son râle plus vivement que par la plus accérée des flèches. La danse reprit alors me faisant  l'esclave des sons et des murmures cascadant dans mes veines. Nos 2 corps tremblaient, roulaient sous le feu de notre délectation. L'extase arrivait, je ne pus rien en retenir et me laissai partir en arrière arquée tandis que mes doigts s'enfonçaient en elle pour la faire venir avec moi. Elle ne tint pas longtemps sous la caresse et s'abandonna en longs murmures sensuels.

De retour au repos, nous nous sommes regardées et elle m'a dit "Tu es prête".
C'était vrai !.

********

La soirée se déroula aussi bien que prévue. Le rythme fou de l'extase partagée avec Maria résonnait encore dans mes veines avec la violence d'une chute d'eau. Bien que plus lente, la musique qu'elle m'avait prêtée pour la circonstance ne s'empara pas moins de mon âme. Les sons, telles les mains de ma gitane, me déshabillèrent avec volupté devant l'oeil coquin de la webcam. Je me vis sur l'écran mais c'était une autre que j'y admirais. Elle était belle cette femme-là, elle était désirable, elle était l'essence de la sensualité, un appel au sexe et à l'impudeur. Arrivée au paroxysme de la mélodie, je m'écroulai nue, offerte et comblée aussi. La jouissance, qui m'avait maintenue dans la transe, me fracassa le corps dans un orgasme sans relation physique, une extase pure de tout contact, une extase psychologique.
Dès que possible, je retournai prendre place à mon PC. Il n'était plus là mais m'avait laissé un mot.

" Ce soir, tu m'as dévoilé ton corps et ton esprit. Tu es plus que digne de mon intérêt et si tu le désires vraiment, laisse moi te mener vers tous les plaisirs, vers tous les délices. Sois l'esclave, je serais le maître.

Signé le Master"

Mon coeur se mit à battre furieusement dans ma poitrine. J'étais acceptée, l'examen était réussi. J'étais folle de joie sans même savoir ce qui pourrait m'attendre derrière l'étiquette d'esclave. J'étais en train à vendre mon âme au diable mais je le faisais avec joie.

Durant presque 1 mois, je n'eus plus aucune nouvelle. Je devenais folle d'inquiétude avant de nêtre plus que froide colère. Je lui en voulai de me faire ça. Je savai aussi que même s'il faisait pire, je n'abandonnerai pas. Quand, un nouveau paquet arriva enfin chez moi, je devient folle. Il était plus volumineux que le premier et plus lourd aussi. Je l'ouvris frénétiquement, cherchant avec angoisse, l'enveloppe contenant ses mots.

Elle était là et je n'osai plus même la prendre. Cela faisait presque 1 mois que toutes mes tentatives d'obtenir un peu de soulagement par l'orgasme se soldaient invariablement par des échecs frustrants. Et à la simple vue de cette enveloppe, mes reins se cambrèrent, mes seins gonflèrent de plaisir et je me mis à hoqueter à la limite de l'orgasme. D'un doigt tremblant, je suivis la ligne de fermeture de l'enveloppe et le bruit du papier déchiré me vrilla en éclairs fulgurant. Dépliant la feuille, il me sembla m'ouvrir sous sa caresse intime. J'étais trempée. Les lignes courbes et délicates que font son écriture sur le papier, étaient autant de va et viens torrides dans les affres de mon corps en attente. Avant même d'avoir lu le moindre mot, la délivrance me prit et la jouissance tant recherchée fut mienne.

Il fallut attendre que les vagues du plaisir achèvent leur oeuvre pour que je puisse enfin prendre connaissance du message. Que m'avait-il fait ou plutôt que lui avais-je permis de me faire ?.

La missive était courte et plutôt sibylline :

"Voilà de quoi apprendre de toi-même et de ton pouvoir sur les autres. Prends le temps de savourer chacun de ces films dans l'ordre assigné. Ne te touche pas ! Ne te fait pas jouir ! Il faut apprendre à conserver son énergie pour les plaisirs nobles. Si ton corps désobéit, tâche de le contrôler. Je ne veux plus jamais te voir perdre ton temps à chercher un orgasme qui ne viendra pas.

Signé le Master".

Il savait, mais comment ? C'était indéniable, il savait ce que j'avais fait depuis un mois. Il savait comment. Il savait où. Il savait et j'eus honte de mon comportement. Les joues me cuirent et je me promis de tâcher d'être un peu plus à la hauteur des attentes de mon maître.

Les DVD étaient tous numérotés et comportaient une date mais rien n'indiquait ce qu'ils pouvaient contenir. Pour lire l'ensemble, il avait prévu un lecteur et il me fallut installer diligemment tous les branchements pour qu'il soit opérationnel. Je pris le DVD n°1 c'était la date de ce jour qui y était inscrit. J'en conclus évidemment que non seulement le nombre, l'ordre mais aussi la fréquence me seraient imposés. La soumission m'excitait terriblement.

J'allumai rapidement la TV et le lecteur et j'introduisis le disque. Une pièce apparue sur l'écran, une pièce qui n'était autre que ma propre chambre. Et je me vis alors habillée d'or et de miel me préparant pour mon premier strip-tease exhibitionniste. Puis l'image se tassa sur elle-même, c'était sur un écran de télévision que mon film passait. Durant quelques instants, l'image resta figée sur la danseuse exotique, on entendait en fond la musique mais aussi des gémissements (les siens ?).

La caméra tourna sur son axe et une nouvelle scène s'offrit à moi. Un homme et une femme regardaient la vidéo. Elle était si petite, blanche et fine qu'il semblait géant et certainement plus noir qu'il ne devait l'être. Leurs deux corps, qui se frôlaient, formaient un contraste d'un érotisme torride. Le spectacle les hypnotisait et c'est avec maladresse que leurs caresses s'entrechoquaient parfois. Plus rapidement que moi, ils furent nus et offerts dans toute leur intimité à l'oeil indélicat de la caméra. J'avais chaud et je tremblais de froid. Le film de leur passion se déroulait sous mes yeux mais ils me brûlaient la peau comme s'ils avaient été là.

Voir les lèvres si douces de la jeune fille venir titiller le membre haut et fier de l'adonis m'enflamma les veines. Elle le suçait avec autant de douceur que de fièvre et lui la caressait comme pour marquer cette peau blanche à l'encre de la sienne. Elle finit par le prendre totalement en bouche mimant l'acte d'amour langoureux et profond. Il lui claquait les fesses, pinçait ses tétons durcis. Il léchait son corps d'une langue gourmande, indécemment rose dans son visage café. Un oeil sur le film me montrant presque nue désormais et l'autre sur leur compagnon de plaisir, le couple s'adonnait à une érotique combinaison de figures. La fille avait du souffle et de la détermination et elle ne relâchait pas malgré la lourdeur de l'engin la pression de ses lèvres. Elle le goûtait presque à s'étouffer. Lui découvrait tantôt les moiteurs de son intimité, tantôt les douces rondeurs de sa poitrine. Sans timidité, il la fouillait et l'offrait au voyeurisme.

Les longs doigts noirs ouvrant les orifices rosés et la virilité massive couverte des petites mains fines m'accablaient. Quand il la retourna pour la pénétrer, des contractions se firent sentir au creux de mes reins et je me dépêchai d'y mettre un frein pour éviter un orgasme qui m'était interdit. Voir le corps de l'homme écraser de sa toute puissance celui gémissant de sa partenaire me liquéfia de bonheur et par la jouissance qu'il lui procura, je trouvai la récompense à mon dévouement et à mon obéissance. Il l'honora de si belle façon que sans même avoir eu besoin de faire le moindre geste, j'inondai sans jouir l'oreiller sur lequel j'étais installée. Les 2 corps s'étaient tus sur l'écran. Ma danse s'était achevée sans spectateur. Que me réserveraient les autres films ?

*******

Il me fut très difficile de m'adjoindre à ne pas profiter de la terrible excitation que m'avait procuré le visionnage de ce film. Voir un couple prendre son plaisir en se servant de la vision de mon abandon comme support à leurs ébats m'avait véritablement mise en fusion. C'était la première fois que je comprenais combien la passion rendait les hommes beaux. Elle les magnifiait et cette scène qui dans le cadre d'un film porno m'aurait laissée indifférente m'avait littéralement dépossédée de tout contrôle sur mes sens.

Le second disque ne pouvait être visionné avant une bonne semaine, il me faudrait être patiente et apprendre tout autant la frustration que la libération. Je pris le temps de ranger ma garde robe qui en avait bien besoin. Un certain nombre de mes tenues me semblèrent ne plus appartenir à ma vie. Le ménage par le vide, rien de tel pour repartir à zéro. Une fois vidée, je constatai avec un peu d'inquiétude que de nombreux achats. s'imposaient.  Le compte d'épargne allait en prendre un coup mais il n'y a pas de plaisir sans gène. Je dévastai avec frénésie la suite de boutiques de la rue commerçante. Jupes, robes, petits hauts, chaussures, bas et sous-vêtements. J'étais décidée à remodeler mon image pour qu'elle corresponde à l'image de cette femme capable de se dévoiler à une caméra et à prendre du plaisir à se savoir vue par d'autres.

Un instant, il me vint à l'esprit que peut-être je risquai un jour de tomber face à face avec l'un ou l'autre des participants du jeu. "Que se passerait-il alors ?". Je n'avais aucune réponse à apporter au problème et à défaut d'en avoir, je me disais qu'il serait bien temps d'y réfléchir le moment venu.

Une dernière boutique et mon compte serait bon. La vitrine engageante présente un certain nombre de modèles de dessous particulièrement affriolants et qui me font craquer. J'entre : la boutique me parait bien tenue. Naviguant entre les clientes afférées, je prends le temps de tatonner entre les couleurs, les motifs, la matière, la forme. Une voix me fait sursauter soudain :
"Puis-je vous aider ?"

Sous la surprise, j'ai laissé tomber les ensembles que je comparais. Je me baisse donc pour les ramasser tout en prenant sur moi de répondre poliment à la vendeuse en me relevant. Mes yeux la découvrent ainsi de pied en cap.
Des pieds menus dans des ballerines roses, une cheville fine, des mollets galbés, un début de cuisse, des hanches douces, une taille marquée, une poitrine avenante découverte par le décolleté de son tee-shirt pâle, un cou dégagé et un visage que je ne peux pas oublier. C'est elle ! Ma confusion est à son comble. J'ai du rougir car elle s'empresse de me rassurer comme si ma maladresse pouvait être la cause d'une telle gêne.
"Ne vous inquiétez pas, ce n'est rien", me dit-elle en souriant.

Son regard sur moi ne fait aucun doute, elle n'est pas dupe mais elle sait mieux que moi gérer la situation.
"Voulez-vous essayer ces modèles ? Nous avons des cabines à l'arrière de la boutique !"

Je pourrai refuser si je le voulais. Non je n'en suis pas certaine. Pas certaine de pouvoir refuser, pas certaine non plus de le vouloir. Je me laisse donc entraînée par ma voyeuse/vendeuse vers les cabines. L'une d'elle est un peu à l'écart, c'est évidemment cette dernière qui m'est proposée.
"Voilà madame c'est la plus confortable de nos cabines et vous ne risquez pas d'être ennuyée ou entrevue car nous prenons grand soin de notre clientèle"

D'un mouvement gracieux de la main, la demoiselle me révèle le lourd secret de cette cabine. Je n'ai nul besoin de plus d'explication pour comprendre que la caméra qui y est pointé en permanence enregistrera le moindre de mes gestes.

Puisqu'il en est ainsi, j'accepte de jouer à ce nouveau jeu. Je referme le rideau oriente le tabouret sous l'axe de la caméra et m'adonne à une nouvelle exhibition langoureuse accompagnée d'oeillades appuyées. J'imagine que notre apollon doit être à la surveillance. Peut-être réagit-il déjà à mes poses lascives. J'en rajoute à l'infini, usant de tout le savoir inculqué par Maria pour rendre fou ce voyeur invisible. Inutilement, je roule mes bas dévoilant mes jambes dans un délicieux ballet de soie. Puis ma jupe dégrafée, j'entreprends de la faire glisser langoureusement à mes chevilles. Un coup de bassin, une danse sensuelle et mon cache-coeur s'en va rejoindre bas et jupe. Je défais mon soutien-gorge, ma poitrine reprend sa liberté et par simple jeu, je fais glisser mes mains pour en agacer les tétons. Reste le dernier rempart mais je ne puis le lui offrir sans prendre la pose. En appui sur le tabouret je lève mes fesses bien haut en cambrant les reins. Les mains adroites et légères, je fais glisser cette dernière douceur de tissus entre mes cuisses. Je me révèle totalement et ma propre impudeur fait monter en moi un émoi indicible.

Dangereusement excitée, je passe le premier ensemble, je sais que de toutes façons, je serais dans l'obligation de les prendre après les avoir tachés de la sorte. Le premier est sublime, je m'admire parée de noir dans le miroir de la cabine. Effrontée et joueuse, je tourne, virevolte et m'offre entièrement à l'oeil fixé sur moi. Le second me coupe le souffle. Impudique, sexuel, ravageur, le velours rouge tranche avec le voile fin et les rubans de soie. Les pointes de mes seins apparaissent au creux de cet écrin sulfureux. Le string lui aussi laisse entrevoir à la perfection. Donnant assez pour rêver sans donner assez pour savoir.

Un froissement de tissus et la fraîcheur de 2 mains posées sur mes hanches m'indiquent que je ne suis plus ma seule admiratrice. La vendeuse n'a pas pu résister à l'attrait et m'a rejointe. Ses mains me détaillent d'un toucher doux et sensible tandis que son regard que je croise dans le miroir me dévore littéralement. A mon oreille, elle chuchote "Danse, danse pour moi ma beauté!". Alors pour elle, je me mets à mimer la passion dans le pas. Mes gestes sont ceux de l'amour. Mon corps est repris par la fièvre. Elle me frôle souvent m'orientant vers lui aussi. Je leur offre leur second orgasme alors qu'ils ne sont même pas ensemble pour le partager.

Je la plaque contre le miroir, elle est là, elle ne peut m'échapper. Tranquillement mes mains lui apprennent le rythme et la mélopée languissante. Moi je connais désormais la saveur et le grain de sa peau. Je sais la fermeté de son sein et la cambrure de ses fesses sous le tissu de sa jupe. Rien, absolument rien ne protège son intimité, elle est ouverte à ma paume. Elle a un goût de pèche, d'abricot et de fruits du soleil. En dessert délicat, je la prends en bouche, savourant les subtilités de son arôme. Elle succombe et se noie dans les déferlantes que je crée pour elle. Le final se fera à genou pour moi, offerte pour elle, certainement frénétiquement pour lui. L'effeuillant avec ivresse, je m'emploie à lui faire perdre le reste de son âme. Les violons hurlent, le corps plie et je recueille la liqueur divine.

Je n'ai pas joui, je ne le ferais pas J'abandonne ma vendeuse effondrée et comblée. Un dernier coup d'oeil à la caméra. Je paie mes achats et je sors.

******

En rentrant chez moi, je me sens à la fois sereine, épanouie, frustrée et curieusement observée. Cette sensation, je l'ai en moi depuis que tout cela a commencé. Il est toujours présent cet oeil indiscret qui sait tout de moi et qui me déshabille dans la rue me jetant en pâture à l'appétit vorace de tout un chacun. J'ai l'impression de faire l'amour avec chaque regard qui me caresse, de m'offrir à chaque corps qui me bouscule.

Arrivée enfin ! Je pousse un soupir de soulagement en abandonnant mes paquets sur le lit. Je vais me préparer un jus de fruit, je rangerais après seulement car j'ai très chaud. Une bonne douche aussi me fera du bien. J'abandonne paquets et boisson pour rejoindre mon sanctuaire intime.

 L'eau coule sur mon corps, fraîche et salvatrice. J'en apprécie la texture, la douceur, la légèreté. Je fonds sous la caresse délicate, relâchant mes muscles crispés et atteignant une zone de calme dans la tempête de ma vie. J'adore y rester des heures, mes factures d'eau témoignent de cet amour excessif de l'eau mais tant pis c'est un plaisir dont je refuse de me priver. La sueur est évacuée aussi parfaitement que le stress. Je me sens bien dans ce peignoir doux qui m'enveloppe. Juste le temps de me démêler un petit peu les cheveux et je retourne m'occuper de mes achats.

Quelque chose a changé. Stoppée dans mon élan, un frisson me remonte le long du dos, sur mon lit, les paquets sont vidés et empilés. Dans mes armoires encore vides, il y a une heure, tout a été parfaitement rangé, plié. Sur le fauteuil, une des robes achetées trône avec l'ensemble de velours rouge, une paire de bas et mes escarpins bordeaux. C'est une robe de soirée, courte mais correcte dont l'imbrication artistique du satin et du voile dévoilant sans rien montrer, sublimant sans dénuder, m'a plu dès le premier regard. 

Qui est entré et qui m'a choisi cette tenue ? Je me pose la question mais je le sais déjà. Là où s'empilaient les disques et le lecteur, je ne trouve plus qu'un bouquet de roses écarlates et un mot.

"Tu joues le jeu alors je te récompense en l'accélérant quelque peu. Soit une bonne enfant met ta robe et fait toi une beauté, il passera te chercher à 20h.

Signé le Master".

Il ? mais qui il ?. Je suis atterré par le tour que prennent les choses. Cette récompense que de me jeter dans un trouble aussi profond et je ne me sens pas aussi prête qu'il semble le croire. Si j'échouais et si je paniquais et si ... Non ! Suffit ! J'ai reçu mes consignes, je dois les suivre.

Il est démoniaque ce mystère me terrorise autant qu'il exacerbe mes sens. Je suis déjà humide de plaisir, l'attente m'est devenue une gourmandise, une délicieuse friandise dont mon esprit raffole. Mon coeur bat frénétiquement, je m'assois 5 minutes pour retrouver l'usage de mes jambes. Je savais dès le début que ce serait une quête éprouvante mais là je me mets à douter d'être vraiment à la hauteur. J'en suis là quand mon lecteur cd se met en route et ce sont les premières notes du violon qui me ramènent à la raison. J'entend les pulsations musicales en accord avec celle de mon corps. Je sais qu'à 20h je serais prête pour sortir, pour "lui". Je ne me suis même pas demander pourquoi la musique était venue, elle devait être, elle a été, je ne m'inquiète de rien. En fait, je suis terriblement confiante.

Je prends le temps de bien faire les choses, pas question de le décevoir. Je ne suis pas une professionnelle du maquillage alors en cas d'urgence, les amies sont là. Maria est de celle qui sait merveilleusement mettre la féminité en valeur. La danse est pour elle une passion mais la beauté est une leçon de vie. Elle ne s'étonne toujours pas de cette nouvelle requête et abandonnant ses partenaires en pleine répétition, vient me rejoindre.

Quand elle entre tout sourire et resplendissant, je ne regrette plus de l'avoir dérangée de la sorte. le regard pétillant, elle enregistre automatiquement les changements intervenus dans mon appartement et dans ma garde-robe.

"Eh bien, ma chérie, tu as grillé tes économies mais il faut avouer que tu l'as fait avec le meilleur goût possible."

Elle regarde tout, touche les tissus, s'extasie devant la lingerie et m'avoue être presque jalouse de ma nouvelle garde-robe.

"Hummm les jolies roses ! C'est donc à cette délicieuse et indécente robe qu'il faut que je t'accorde ? Cela ne devrait pas me donner trop de mal et je te dois bien ça !."

"Moi ? Euh pourquoi ?"

"Pour les films, ma chérie, ils étaient fabuleux. Tu leur fais un bel effet à tous ces couples et j'avoue que même moi je n'ai pas pu résister au plaisir en te voyant danser !"

Je suis muette. Elle a donc reçu tous mes disques ? Comment a t'elle pu les recevoir ?. Mon dieu mais où vais-je ? Je baisse les yeux, inutile qu'elle sache que ce n'est pas moi qui lui ait fait ce cadeau.

Deux heures plus tard, je suis prête. Adoucie, épilée et maquillée avec soin. Maria m'embrasse tendrement, sa main a franchi l'obstacle de mon string pour une simple caresse mais elle n'ira pas plus loin. Un dernier clin d'oeil et elle se sauve, me laissant seule pour attendre mon cavalier.

20H, on sonne à la porte. J'ouvre et mon regard se pose sur un homme d'une quarantaine d'années. Il n'est pas beau au sens propre du terme mais attirant, extrudant une sensualité et un charme qui me conquièrent immédiatement. Je lui souris et l'invite à entrer mais il me dit que nous sommes déjà un peu juste et qu'il nous faut y aller. J'ignore où mais je ne le lui demande pas, j'ai bien appris ma leçon, attendre et patienter. Gentleman, il me tient la porte de la voiture et s'inquiète de savoir si je suis bien installée. Pour l'instant, ses regards sont courtois et je me sens presque insultée par autant de détachement.

Nous partons, imperceptiblement et presque malgré moi, j'ai allongé mes jambes et d'un croisement sensuel permis au tissus de glisser suffisamment pour découvrir la lisière de dentelle de mes bas. Toujours imperturbable, il conduit mais son regard m'a brûlé les cuisses durant une courte seconde. Encouragée, j'amorce la conversation, lui demandant d'où il vient, ce qui l'intéresse dans la vie, quelles sont ses passions. Il ne peut plus jouer l'indifférence alors avec beaucoup de gentillesse, il répond agréablement à mes questions. J'ai envie de le choquer un peu alors tout à trac je lui lance que parfois le shopping peut s'avérer plutôt excitant.
"Avez-vous déjà fait l'amour dans une cabine d'essayage ?"

Il rate une vitesse, se reprend, me regarde un peu interloqué mais avec un je ne sais quoi dans le regard qui me laisse à penser que l'expérience ne lui est pas inconnu. Alors je lui raconte ma journée, toute ma journée. Il semble moins à l'aise dans son pantalon. Une grosseur révélatrice déforme le tissu serré. La sueur coule sur ses tempes grises. Non sans penser à mal, j'y cueille une goutte du bout des doigts et je la suce. Il gémit. Un feu rouge, il s'arrête et son regard plonge dans le mien cherchant une réponse à la question universelle.
"Oui !"

Le mot a franchi mes lèvres avant même que je ne songe à le retenir. Le feu passe au vert mais nous n'allons plus là où nous devions aller. Juste le temps de trouver un endroit solitaire à l'abris des regards et sa main glisse du volant pour se poser sur ma cuisse.

******

La halte imprévisible nous ayant vraiment mis très en retard, il est décidé d'annuler la première partie de soirée au restaurant (de toute façon, je n'ai plus faim du tout) et de passer directement à la seconde partie. Nous sommes attendus dans une maison de maître à quelques lieues de là. Fatiguée, je ferme les yeux et glisse dans un sommeil langoureux. Le freinage de la voiture dans les graviers de l'allée me réveille. Nous devons être arrivés.

La maison est magnifique. Les fenêtres légèrement illuminées laissent deviner de nombreux corps glissant derrière les rideaux de soie gris pâle. La lune éclaire à peine le parc mais il me semble merveilleux. J'ai l'impression d'avoir chaussé des escarpins magiques et d'être entré dans un conte de fée. Ne suis-je pas devenue princesse ?.

Mon chevalier servant gare la voiture devant le porche et vient m'ouvrir la portière. Un jeune garçon prend les clefs et nous montons les escaliers qui s'arrêtent devant une gigantesque porte à l'ancienne. Elle est en bois avec des moutures sculptées de motifs celtes et de scènes un peu crues. Le thème me fait délicieusement rougir. D'autres rappellent mes souvenirs des dernières semaines et font briller mes yeux.

La porte s'ouvre, nous déposons nos manteaux auprès d'une jolie jeune fille habillée en soubrette. Elle est menue et sans pourtant lui ressembler me rfait songer à ma vendeuse de lingerie. Le portier ressemble comme 2 gouttes d'eau au grand black qui m'avait tant émue. Mon cavalier m'offre son bras et m'entraîne à sa suite dans les couloirs tamisés. Tout est calme, silence, douceur et étrangeté dans cet endroit. Sommes nous ici pour une fête ou pour une cérémonie, je frissonne nerveusement car cette absence de mouvement, de son, de lumière et de vie me terrifie. Les pas feutrés résonnent sourdement sur les tapis cossus.

Nous entrons enfin dans une grande salle de bal. Il n'y a guère plus de lumière et de bruit. Pourtant ça et là des couples murmurent avec d'autres, tout au fond un buffet invite à l'abondance et aux excès. A gauche, une scène est montée, mais les instruments trônent seuls sans aucun musicien pour les manier. Nous bavardons aimablement sans éclats, sans hausse de ton en harmonie avec les autres invités. De temps à autres, un couple ou un groupe nous approche, nous salue et tâche de nous intéresser à eux ou de s'intéresser à nous, je ne sais plus. Le temps semble s'être ralenti et les images sont celles d'une autre époque, d'un autre monde. La tête me tourne à cause du champagne et je dois prier mon cavalier de m'excuser, le temps de me rafraîchir. J'obtiens la direction de la part d'un serveur dont le sourire revageur me fait regretter de n'avoir pas le courage de lui proposer le même intermède qu'à mon chauffeur.

La salle de toilette est d'une beauté incroyable. La lumière diffuse des lanternes se reflète à l'infini dans les miroirs qui se font face et se reflètent à l'infini. Je me vois "me voir" et l'impression est troublante. L'alcool ingéré ne m'aide vraiment pas à retrouver ma raison et j'ai la sensation de tomber dans un gouffre. Agrippée à la douce faïence irisée, je tente vainement de retrouver le contrôle. Une main fraîche se pose sur mon bras dénudé et j'entends une voix douce et sucrée me demander si je vais bien. Je lève les yeux sur une jeune fille. Elle est un peu ronde mais il se dégage de sa personne une sensualité terrible. Sa poitrine se soulève délicatement frôlant mon dos à chaque inspiration.

"Ça va aller, je crois" lui dis-je en souriant timidement.

Mais elle insiste pour m'asseoir sur l'une des banquettes roses installées au fond de la pièce. Elle ne me quitte pas et s'installe avec moi. Il y a dans sa voix beaucoup de douceur, un peu d'inquiétude et quelque chose d'indéfinissable. C'est sa bouche qui me tourne les sens. Il devrait être interdit de disposer d'une telle bouche ! Ronde, rosée, ourlée, pulpeuse, ses lèvres s'ouvrent en pétales gonflés de sensualité sur une rangée de dents perlées. J'ai envie de l'embrasser alors même que je ne la connais pas. Nous discutons un peu mais j'ai du mal à suivre. Ses gestes emprunts de charme, la chaleur de son regard chocolat, la légèreté de ses boucles qui me caressent avec irrégularité et son sourire me rendent brûlante de désir.

Elle finit par se taire. Nous sommes figées le regard de l'une prisonnier des lèvres de l'autre. Les miroirs se déchaînent pour inonder la pièce d'une mosaïque de vues de nous. Au ralenti, ma tête s'abaisse vers la sienne, j'hésite à quelques millimètres de la tentation. Elle n'hésite pas le moins du monde, elle s'empare de ma bouche et ses mains glissent sur ma taille. Elle est plus sucrée qu'un melon bien mûr et je succombe rapidement à la douceur de ses doigts coquins. Elle s'insinue, s'immisce et s'introduit dans chaque brèche de peau libre. Ma robe glisse et je la vois retenir son souffle devant ma poitrine retenue sans pudeur par ma lingerie affriolante. Avec révérence, elle y glisse la paume comme craignant d'abîmer les tissus et ce qu'ils contiennent. 

Ma faim d'elle dicte mes geste alors je dégrafe à la hâte son corsage. Elle me lèche, me suce, m'aspire comme on le ferait d'une crème glacée en été. Sa gourmandise semble alimenter la mienne et vice versa, nous devenons folles. Elle semble ne jamais vouloir cesser de me faire du bien. Mes veines sont devenues le lit d'un fleuve en furie. C'est de la lave qui s'écoule de mon coeur vers chaque muscle et chaque terminaison nerveuse. Des picotements se font sentir à chaque extrémité de moi. Je la désire à en avoir mal.

Lentement, le rapport de force s'égale et s'inverse. Il me faut lui rendre encore et plus de la jouissance qui est la mienne. Son décolleté est profond et laisse libre accès à deux globes lourds et laiteux. Elle doit les frotter avec un lait parfumé car leur goût m'enivre plus encore que le champagne. J'ai encore mon verre à la main, mutine, je l'allonge et soulève ses jupes. Elle ne porte rien dessous la coquine. Avec un sourire diabolique, je verse le reste de ma flûte au creux de la belle enfant. Le liquide froid s'infiltre remplissant son nombril et s'écoule sur ses chairs jusqu'à son âtre bouillonnant. Assoiffée, je bois à même sa peau le liquide pétillant. Je me gorge autant de l'alcool que du parfum sucré de sa peau.

Offerte, ses cuisses se sont largement ouvertes et laissent ma main pénétrer son intimité mi-fraîche mi-volcanique. Je la caresse d'une main, je l'ouvre encore plus de l'autre. Je lape son corps et plonge au coeur de la fusion. Elle m'accueille en gémissements et en ondulations d'une profonde impudeur. La demoiselle s'est transformée en Lilith appelant les plaisirs de la chair à grands cris. Je la pénètre doucement de mes doigts réunis tandis que je viens titiller son bouton d'une langue gourmande. Je le fais jouer d'un coté, puis de l'autre, je le roule entre mes lèvres. Ma victime glisse hors de cette dimension, sa tête ballote follement sur les coussins et elle ne prononce plus que des phrases inintelligibles. Souriant de plus belle, envoûtée par le don complet qu'elle me fait, j'introduis un doigt mouillé de miel dans la rosace close.  Jamais encore je n'avais eu ces geste et ils m'emplissent d'un plaisir qui doit tout à la joie d'offrir.

Son corps s'arque, ses jambes se referment brièvement pour s'ouvrir un peu plus encore, elle se cambre et se tend vers moi. Je repars à la découverte de ce corps de femme et me gave de tout le miel qui s'en écoule. Mes doigts s'agitent, elle tremble en mesure. J'enserre le bouton de mes dents et ma langue joue les ailes du papillon sur les chairs sensibles. Elle n'en peut plus, dans un dernier spasme, l'orgasme la prend et j'accompagne son corps dans la folle danse de la jouissance. Enfin, elle retombe épuisée et comblée. Je remonte dans ses bras pour embrasser amoureusement cette bouche dont je ne suis toujours pas rassasiée. Nous rêvons tendrement enlacées.

********

Longtemps, nous restons ainsi heureuses de flotter entre les vapeurs d'alcool et de sexe. Je me relève pourtant. Un dernier regard pour elle, elle est si belle endormie. Sa robe est retroussée laissant apparaître, impudiques, ses voluptueuses cuisses d'albâtre. Une dernière caresse, elle se recroqueville comme une enfant heureuse.

Je rejoins la fête la tête plus légère mais je ne trouve  plus trace de mon cavalier. Je me sens seule parmi tous ces gens que je ne connais pas. Ils se touchent, ils se murmurent, ils se goûtent parfois du bout des lèvres et moi je ne suis plus qu'une voyeuse derrière un écran qui n'existe pas. L'orchestre s'est mis en place et un air langoureux envahi l'espace. Je me sens mieux dans ce vide qui s'emplit de son, je me laisse aller dans ce cocon de musique qui me berce et m'apaise. Les musiciens me plaisent, ils ont ce "je-ne-sais-quoi" qui les rend délectables. Leurs doigts qui virevoltent sur les cordes, les pistons et les touches noires et blanches du piano m'échauffent les sens.

Mon regard s'est arrêté longtemps sur leurs mains, puis me vient la complainte du violoniste et je n'ai plus d'yeux que pour lui. Son visage, je ne le vois pas, je ne me souviens même pas lui avoir jeter le moindre coup d'oeil. Ce sont ses mains qui me touchent et m'hypnotisent. De longs doigts agiles, pas trop minces, pas trop gros. Fébriles, ils dansent sur le manche de l'instrument en tirant les pleurs et les joies, les délices et les passions d'autres mémoires.

Un sourire me vient, j'ai l'esprit plein de toute la passion de Maria. Si elle était là, nul doute qu'elle poserait sa main sur ma hanche mimant d'une caresse sage, les flots de désir envahissant son âme. Elle m'avait parlé de cette sensation unique, quand la musique devient un amant merveilleux, qu'elle vous pénètre comme le plus doux des phallus et tire votre esprit vers les affres d'un orgasme immatériel et divin. La complainte me brûle, tend mes seins, cambre mes reins. La mélodie en va et vient fait monter les pulsions dans mes veines. Les accents du plaisir que prennent toutes les notes m'enlacent et me perdent dans des songes d'une sensualité sans visage.

Autour de moi, quelques couples se sont approchés. Plus loin, certains se sont mis à danser. Et la soirée a continué, dans un rêve pour moi, dans un brouillard pour les autres. 2 heures de concert, 2 heures à rêver sur le mouvement langoureux de ses 2 mains. Ils vont achever et je jette enfin un regard vers ce visage que j'ai si longtemps ignoré. Deux yeux m'atteignent avec la force d'un impact de balle. Je reste attachée, liée à ce regard noir qui me transperce de part en part et me vide de ma mémoire. Le concert est fini mais le violoniste et moi restons figé. Son sourire me broie l'âme. Lentement, il a remis son instrument en place et tendrement, il reprend la mélopée andalouse, celle-là même qui m'a amené ici.

Un défi dans son attitude, je sais ce qu'il attend de moi. Il sait ce qu'il peut attendre de moi et rien, pas même la fin de la réception et le départ désordonné des autres invités ne peut m'empêcher de m'y soumettre. Je n'ai même pas besoin de fermer les yeux pour m'immerger, mon corps appartient depuis longtemps déjà à ces doigts musiciens. Telle la marionnette répondant à ses fils, je m'élance gardant le contact par un regard et ce filet de musique avec l'amant qui ne m'a pas touchée.

Curieusement, les autres ont disparu sans prendre garde au seul couple qui est resté sur la piste. Un couple, non, un trio, sorti de nul part un danseur est entré dans le cercle. Son corps a pris le mien dans l'étreinte de sa volonté et sans même hésiter, je me suis abandonnée. Le violon poursuit son ouvrage et je danse l'amour avec un cavalier inconnu. Il connaît la musique, il vit notre passion. Plus douce qu'une étreinte au creux de draps de soie, plus puissant que l'extase offerte sous l'ombre douce d'une dune de sable, plus électrique que tout ce que j'ai offert à mes autres amants l'union de nos deux corps dans le lit mélodique. Amants à trois, à deux, à quatre le musicien, la musique et les danseurs; le musicien, la musique et lui et moi.

Tourne la pièce au rythme des pirouettes, virevoltent mes sens, le temps s'arrête. Les longs cris du violon me rappellent la montée dévastatrice du plaisir. Nous jouissons ensemble dans les derniers accents mourrant et les pantins désarticulés s'effondrent enfin ayant tout donné dans un ultime abandon de soi.

Lorsque j'ouvre les yeux, un rayon de soleil mutin éclaire doucement les murs de ma chambre. Je ne sais pas comment je suis revenue ici, je me rappelle seulement m'être écroulée dans ses bras et d'avoir fermé les yeux sur le dernier sourire du violoniste. Après plus rien que sa chaleur dans mon dos, que la douceur de ses mains sur moi et de son souffle sur ma nuque. J'ai du perdre connaissance !.

Curieusement, je sens encore l'empreinte de ce corps contre le mien. Je n'ose me réveiller totalement pour ne pas mettre fin à cette douce confusion qui me laisse imaginer un torse contre mon dos, une cuisse frôlant la mienne et cette main sur mon sein. Je secoue la tête refusant de me réveiller, refusant de laisser partir ce doux songe. Je veux le garder quelques secondes encore tout contre mon coeur. Peine perdue, le soleil gagne la partie. Les songes s'envolent et je sais que bientôt il n'en restera plus rien. Pourtant, l'impression perdure, un grognement étouffé lorsque je cale mes fesses contre ses hanches, la main qui glisse sur mon sein, caressante. Je sens cette cuisse chaude et virile remonter contre les miennes. Un grand soupir, un corps qui se détend, une main levée au ciel puis tout mon corps pris en tenaille dans la tendre chaleur de cet amant que je n'imagine plus et qui m'embrasse amoureusement dans le cou.

Je me retourne doucement, je sais que le jeu a pris fin, qu'il est enfin avec moi et "il"i c'est Jean Luc, mon ex-amant perdu, mon amour oublié, mon inconnu intime. Les larmes coulent et il s'en abreuve en me traitant de petite folle et d'autres choses tout aussi délicieuses.

"Pourquoi ?" C'est la seule question qui me vient à l'esprit une fois calmée.

"Pourquoi quoi mon amour ? Pourquoi avoir monté toute cette comédie ? Parce que tu t'en allais et que j'aurai fait n'importe quoi pour te ramener à moi, à nous." Me répond-il doucement en caressant mes cuisses.

J'ai refermé les yeux et repris la ligne mélodique. J'ondule doucement plus tentatrice que ne le fut jamais une femme. Ses dents se font carnassières contre ma nuque. D'une langue humide, il fait vibrer le lobe de mon oreille expédiant l'étincelle sur le foyer au repos. Le feu a pris avec vigueur. J'écarte les cuisses pour que jouent ses doigts sur mon intimité. Je cambre les reins pour entrer en contact avec sa virilité dure et affamée. La paresse a fait place à la luxure, je m'y repais de chair, de tendresse et de jouissance.

Où est passé cet amant médiocre qui oubliait mon plaisir sans retarder le sien ?

Qu'est devenue l'amante qui parfois simulait pour écourter l'épreuve ?

De nombreuses questions mais pas la moindre réponse ... a t'il même existé ce temps où nous étions plus nous ?

Dans ses bras, il me retourne et ses lèvres d'un baiser plein de fougue me libèrent des questionnements. Trop d'envies, trop de désirs pour réfléchir. Il me repousse et entame une descente diabolique sur mon corps. Sa bouche, ses mains sont partout sur moi, en moi. Enfin, il parvient à ses fins. L'enfer est à la porte de mes reins et je lui vends mon âme. Je sécrète le miel en source ininterrompue tandis que sa bouche me fouille et me dévore. Impudique, les jambes largement écartées, une main sur sa nuque, je jouis de paliers en paliers. Toujours plus haut, la marche n'a plus de fin, ni l'extase de limite. Quand il abandonne, j'ai perdu toute notion. Je divague entre spasmes et avidité. Je goûte sur ses lèvres chaudes la saveur de ma propre intimité. Aphrodisiaque profond ou poison violent, je le savoure.

Ses mains ont repris leur danse, je m'ouvre à son exploration. Je geins sans discontinuer tandis qu'il introduit tous ses doigts en moi. Je perds de nouveau pied, je m'arrache à la terre, en apesanteur mon corps apprend de nouvelles sensations, abrite de nouvelles jouissances.

Presque trop doucement, les doigts sont remontés sur mes seins. Son regard prend le mien comme voulant marquer à jamais ma mémoire. Son corps s'affaisse sur le mien. Il s'emboîte délicatement à mon intimité accueillante. La moiteur de nos peaux mêlées nous aliène définitivement. Tant de temps, tant de choses, tant de manque à combler. La fusion est parfaite, l'envolée simultanée. Je l'ai attendu pour offrir la pleine jouissance à mon corps. Le combat est furieux, chacun tentant de donner plus à l'autre Encore, Encore, Encore et plus encore. Nos deux cris réunis résonnent comme le créchendo du violon, ensemble, ensemble, toujours ensemble et l'orgasme enfin.
.
.
.
.
.
.
.
.
.
.

Aujourd'hui, la vie a repris son cours mais non plus sinueux comme peut l'être une vie monotone mais pleine de l'extravagance de mon amant mystère. La danse a débuté dans les cris d'un violon et elle ne s'achèvera pas tant que nous en jouerons.

FIN

Par Cinéquanone
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus

: les blogs pour adultes d'