Tu me manques déjà tant que j'en viens à cette certitude profondément terrifiante d'être dépendante de toi au point de n'être plus grand chose lorsque tu m'abandonnes. Tu reviendras mais en attendant qui me soulageras de toi ?
C.
Quand la nuit est éclairée par ses rayons, le monde devient fou et les envies nous entraînent vers les instincts de la bête enfouie sous les couches de civilisation.
Allongée sur ce drap, sous la lumière crue de la lune pleine, elle observe l'astre et ses désirs. Totalement dominée par eux, ne souhaitant même pas se battre contre ce moi profond. Elle cherche et trouve en la caresse profonde, osée et désirable.
Une main, cette main, sa main et le frôlement de ses doigts qui font battre un coeur en ses reins. Un titillement, un effleurement et le sang qui afflue dans ce mont de chair et de sensations.
Quelques rêves, des images en songes et son corps prend le rythme des danses ancestrales. Il ondule et elle geint, murmure et gémit son plaisir. L'orgasme est si proche qu'à chaque cercle de doigts, il ne la tente que pour mieux s'échapper encore et encore et encore.
Frustration voluptueuse, tentation délicieuse et puis enfin cette étincelle d'un bout d'ongle sur la peau sensible à l'extrême. Elle jouit d'un spasme à l'autre par son corps qui se cabre sous l'appréciable torture. Seule la lune sera témoin de ses crimes.
C'est le chemin de l'orgasme, du plaisir bestial et primaire, la quête d'une joie trop longtemps condamnée.
L'apanage des maudites, des luxurieuses, des invertueuses, des traînées de tous les âges que tout ça.
Où était le mal alors ? Où est-il désormais ?
Ciné
Doucement, il a écarté les boucles folles. Enfin, il savoure sa gloire. Cette peau fine et si douce sous ses lèvres et qui semble fondre une seconde pour frémir l’instant suivant. D’une langue légère, il parcourre les courbes d’une nuque pour s’en venir croquer le bouton d’oreille sans ornement. Sa proie hésite visiblement entre se détendre et s’enfuir mais il ne lui laissera pas ce choix. Elle est sucrée comme un fruit du soleil avec ce rien de sel qu’apporte sa timidité. Il se sent s’enivrer au fur et à mesure. A force de la déguster, la faim monte et le tenaille.
Elle est prise au piège et les assauts de son conquérant fussent-ils aussi doux que l’affleurement d’une plume ne peuvent calmer ce reliquat de peur en elle. Qui est-elle pour ainsi baisser la tête et oublier sa fierté ? Elle tyremble, elle cède, elle perd pied et ne se remmble plus. Enfin, elle s'exhorte à plus de fierté et faisant appel à tout son orgueil se redresse calmement.
Les tremblements ont cessé avec l’envie de fuir et il sourit en la sachant enfin prête à recevoir. Sans hésiter ses mains ont glissé sur le corps d’une exquise féminité. La droite vers le haut a trouvé refuge sur un sein accueillant quil dresse d'un titillement habile. La gauche ère doucement de creux en courbes pour enfin s’échouer à l’orée d’une jupe dans un soupir de frustration délicieux.
"Le chasseur et sa proie deviennent les jouets d’une passion commune. Qunad il ne nous reste qu'un contact, il est difficile de ne pas le prolonger jusqu’à pénétrer l’autre"
Surpris, il détourne enfin le regard de la scène qui lui montre son épouse céder à un autre. Il sourit à la jeune femme qui est venue le déloger de sa solitude.
"Cela vous ennuie t'il ?", lui demande t'elle d'un air mutin.
"Non, je suppose que non", hésite t'il soudain.
La femme qui lui parle n'est pas d'une beauté plastique extraordinaire, elle n'a pas non plus la finesse de son épouse mais quelque chose en elle lui plait indéniablement ou est-ce l'ambiance qui l'échauffe plus qu'il ne le voudrait ?. Autour d'eux le monde se fond en soupirs et en corps confonfus.
"Passons à coté s'il-vous-plait !" ne peut-il s'empêcher de la supplier.
"Avec plaisir"
Et elle lui prend d'autorité le bras pour l'entrainer vers un salon isolé et calme.
Osera t’elle l’affronter ? la question le vrille et le balance entre excitation et découragement. Toujours aux aguets, un souffle lui parvient et enfin il le sent le dernier acte commence. Il affirme sa position et se décale pour s’ajuster avec la provenance du dernier son. La partie va se jouer en quelques secondes :
… le genou en appui, il retient sa respiration
… un souffle d’air l’alerte et ses muscles s’électrisent
… elle est là presqu’entre ses bras
… il la tient, elle se raidit, la traque est terminée.
Elle n’a fait que quelques pas avant d’être happé par deux bras puissants. C’est un buste d’homme contre son dos, il n’y a aucun doute. De peur, elle s’est crispée durant sa chute et c’est avec difficulté qu’elle tente de reprendre le contrôle de ce cœur emballé qui lui bat le sang jusque dans les tempes.
La musique s’est interrompue au moment du contact et reprend sur un rythme plus suave.
Des soupirs fusent, la sensualité prend tous les pouvoirs car nul ne doute de l'issue de la partie qui se joue sur l'autre scène. Les gestes se font plus assurés, les mâles ont retrouvé toute leur fierté et l'étale avec emphase en caresses et désirs non dissimulés. Un léger cri fait relevé les têtes une seconde mais tous sont désormais bien trop occupés par la curée.
Serrant ce corps frêle mais combatif, il prend soudain conscience de son dénuement. Il ne se souvient plus quoi faire, ni comment. Cette proie qu’il chassait avec délectation lui semble presque insupportable contre lui. Pourtant, il resserre encore l’étreinte plongeant son visage aveugle dans une masse de boucles à la saveur sucrée. Contre son poignet droit, un cœur fou palpite dans un sein fier et droit. Contre sa hanche, une fesse ferme et ronde s’agite fébrilement.
Elle frémit de le sentir la serrer contre lui. Ce corps d’homme lui pollue l’âme et les sens. Contre ses fesses se dessine un motif qu’elle connaît bien. Au plus sombre d’elle-même la bête s’est éveillée et elle sait bien que comme toujours elle ne saura qu’y céder.
Prendre au piège : Il lui faut absolument déconcerté cet autre qui semble se jouer de lui comme s'il pouvait y voir. C'est impossible d'après les termes du jeu mais les initiateurs ont tout pouvoir pour faire évoluer les règles. Il lui faut pourtant croire que le jeu n'est pas faussé ou il deviendra fou à courir après une chimère. Repenser la stratégie, réapprendre à faire confiance à son instinct, à son sens de la chasse. Il décide alors de patienter en position demi-assise, l'oreille aux aguets, les sens prêts à fondre sur l'imprudente. Ainsi masqué par l'espace, il la prendra certainement au dépourvue et le piège fera bonne prise.
Elle a frôler un parfum d'homme, elle était à portée de sa main mais la danse les a séparé. Elle a senti ses tentatives pour tromper l'espace et la prendre en plein vol. Elle a retenu son rire pour ne rien lui indiquer mais, maintenant, adossée à l'un des murs, elle cherche son souffle et son calme. Elle s'est effrayée de s'être presque rendue à lui et elle tremble encore un peu de peur et d'excitation mêlées. Le fauve l'attend, elle le sait et pourrait parfaitement se refuser à prendre le moindre risque. Collée, fondue dans le mur, elle ne craindrait rien. Pourtant, elle ira car le jeu en vaut le prix et l’adrénaline appelle l'adrénaline. Dans un bruit rauque, une dernière inspiration et son pas enfin la lie à la musique et l’entraîne vers son destin.
Un nouvel air emplit l’espace et les battement de coeur s’accélèrent au rythme sombre d’un antique cantique.